Couple

Comment prendre soin de son couple, nos chroniqueurs se penchent régulièrement sur la question et vous proposent des articles

Découvrez des articles qui vous expliquent comment prendre soin de son couple et de son fonctionnement.

La vie en couple, pas toujours évident, comment gérer cela ?

Savoir combiner le boulot et la vie de couple, pas si facile...

Le bonheur dans le couple: alchimie ou processus?

Nous connaissons tous, dans notre entourage, un couple qui semble tellement bien s’accorder ; un couple dont les partenaires se comprennent d’un regard, dont la complicité se ressent et qui dégagent une sérénité à toute épreuve.

Certes, certains ont eu la chance de trouver l’ « âme sœur » dès leur première relation.  Il faut toutefois se rappeler que ceci ne concerne qu’une très infime partie de la population en couple à l’heure actuelle mais surtout que cela était déjà le cas dans les décennies passées.

Alors pourquoi ces couples heureux semblent-ils provoquer tant de questionnement, tant d’envieux ? Pourquoi les conseillers conjugaux sont-ils de plus en plus consultés par des partenaires qui se sentent épuisés au sein de leur couple, voire difficilement compris par leur moitié ?

1/ La différence

La première raison est connue du grand public, surtout depuis la sortie du livre de John Gray et du spectacle « Les hommes viennent de Mars et les femme de Vénus ». Ce livre devrait d’ailleurs être reconnu d’utilité publique car effectivement, l’une des grandes difficultés dans un couple est la compréhension du mode de fonctionnement de l’autre.

Cette compréhension des différences entre l’homme et la femme fait d’ailleurs partie des sept piliers sur laquelle une relation harmonieuse doit se baser.

Mais ces piliers ne suffisent pas.

 2/ Bien choisir

En effet, le choix du partenaire ne se fait pas au hasard.  Bien entendu, si vous interrogez 100 personnes sur les caractéristiques qui les attirent auprès du sexe opposé, les réponses seront différentes mais la plupart assez superficielles.

L’une parlera du physique, l’autre de l’intelligence, la troisième de l’humour, de la gentillesse, etc.

Au-delà de ces réponses communes, c’est en réalité notre carte intérieure qui nous fait choisir. Cette carte que nous programmons tous au fur et à mesure de notre avancée dans la vie, au fur et à mesure de nos expériences, tant amoureuses que sociales.

Cette carte est composée de notre personnalité, de notre maturité psychique mais également de notre style d’attachement et de notre vécu amoureux. Ce mélange complexe entraîne un choix inconscient du partenaire avec lequel nous bâtirons ou non sur le long terme.

Les deux partenaires doivent donc trouver en l’autre leur idéal, celui qui correspondra le mieux à cette carte intérieure qui s’est créée et ce, depuis la naissance, dès leur première relation, c’est à dire avec la maman.

Comment comprendre cette carte ? 

Inutile pour la plupart de consulter un spécialiste.  Prendre le temps, à chaque questionnement, à chaque échec ou après chaque épreuve, de réfléchir à ce qui nous a fait choisir cette personne mais également aux schémas répétitifs éventuels dans lesquels nous nous engageons.

  • Pourquoi toujours tel type de femme?
  • Qu’est ce qui me rassure chez ce style d’homme ? 
  • Qu’est ce qui m’excite dans telle relation ?

Des questions qui vous sembleront peut être aller de soi mais avez-vous déjà réellement pris le temps nécessaire pour y réfléchir sérieusement ?

Cindy Godefroid
Conseiller conjugal

Nourrir le couple

 

Le couple a beaucoup changé. La société a changé. Auparavant, nous nous mariions pour les avantages sociaux et financiers. Un bon mariage était une alliance où les intérêts matériels et sociaux des mariés et des familles étaient préservés voire augmentés.

Aujourd’hui, le couple a évolué, le mariage (ou même les remariages, remises en couple) prend (prennent) des formes différentes, ont un autre sens, une autre destinée : le sentiment amoureux désire vivre et survivre au sein de la relation et la plupart du temps, les couples s’arrêtent si l’amour n’y réside plus.

 

A la table de notre amour, l’appétit est grand !

Lors de la lune de miel, les premiers moments de notre relation, une véritable tempête hormonale va dévaster le corps : dopamine, adrénaline, ocytocine… et le chef de file de cette excitation porte un nom : la phényléthylamine (PEA). C'est l'amphétamine naturelle de l'amour et du bonheur.

Tout ce déferlement hormonal, cet attrait de la nouveauté, les données psychanalytiques (lesquelles je ne vais pas détailler ici), tous ces éléments réunis ensemble, nous emmènent dans l’aventure du conjugal et cimente la rencontre.

Nous commençons notre duo par une certaine idéalisation : tous les défauts de l’autre sont gommés, anesthésiés.

Après quelques temps, le couple pourra vivre « la désidéalisation » : agacements, frustrations, déceptions peuvent apparaître et un partage de territoire pas facile à négocier. L’accoutumance aux hormones provoque une baisse de ceux ci (exactement comme toutes les drogues), nous sommes en perte d’appétit amoureux et souvent, nous adoptons en réaction, des attitudes qui diminuent leur production : lassitude, habitudes, éloignement. Un cercle vicieux, en somme…

 

 

Comment peut on alors entretenir cet appétit entre nous deux ?

 Nous pourrions considérer le couple comme un corps extérieur à chacun de nous et il faudra, pour sa survie, le traiter comme tel : le muscler, l’entretenir, y penser. Et bien le nourrir.

Pour rester amoureux, il est bon de garder une certaine dynamique de surprise, d’envie, de désir d’avoir faim de l’autre. De nouvelles études montrent que les personnes heureuses vivent plus longtemps en bonne santé et le couple heureux peut contribuer à cela, en nourrissant les attitudes qui développent les hormones du bonheur. Il paraît que faire l’amour plusieurs fois par semaine augmente l’espérance de vie … Nourrir le couple et le rendre heureux sera donc bénéfique à la santé !

Pour raviver les hormones plaisir, favoriser l’imagination et réveiller la créativité seront les attitudes développant la capacité d’ouvrir de nouvelles perspectives positives! L’ocytocine peut revenir à tout moment si l’on titille l’appétit de l’amour.

 

Quelques idées pratiques pour se retrouver :

Planifier des moments en amoureux :

Une soirée par semaine, par exemple. Le rendez –vous amoureux peut être très excitant. Chacun à son tour peut organiser la soirée. Le but est de se retrouver autour de ce que l’un de nous deux aime faire et de profiter pour entrer dans le monde de l’autre.

Il est important de ne pas oublier de se faire « chic «  pour séduire son partenaire. Soyons extrêmement prévenants tous les deux. Ces moments de soirée en tête à tête seront sous le signe de la détente, du plaisir et du rire… Nous devrions nous interdire de parler des sujets qui fâchent ce soir là !

Si le temps manque en semaine, alors, pourquoi pas organiser un week-end en amoureux. Un city trip main dans la main pour découvrir des paysages, des villes nouvelles ensemble. Le must : la pleine conscience à deux : respirer la nature, se masser, écouter une beau concert, selon les préférences, tout cela en se concentrant sur le moment présent, loin du tumulte de nos vies individuelles et familiales.

 

Si le temps nous manque pour ces moments de privilège, augmenter le plaisir dans le quotidien:

Pourquoi ne pas éteindre les écrans quelques soirs de temps en temps car trop d’écran (ordinateur, téléviseur) tue l’amour, c’est une évidence… Impossible de parler ou d’attirer l’attention de l’autre, si notre regard est hypnotisé !

Et si nous marchions un peu ensemble dans notre quartier, avant d’aller au lit?

Ou si nous nous inscrivions dans un cours du soir ensemble?

 

Les retrouvailles au lit sont souvent très riches, essayons de garder des horaires similaires quelques fois par semaine. Nous pourrons nous retrouver sur l’oreiller pour chuchoter des mots doux, créer l’intimité, se rapprocher les corps, se caresser. Le désir peut aussi naître de ces moments de sensualité provoqués par la proximité des peaux.

Repensons aussi au pouvoir des mots d’amour. Ne les oublions pas. Ce qui est inscrit reste et peut se relire, c’est important. Un simple  » je t’aime » ou  » bonne journée » pour le café de l’autre, un petit bonjour par SMS, un petit sexto, une lettre d’amour, un mail d’amour… Nous ne sommes jamais acquis(e), rappelons nous de temps en temps nos sentiments, la drague doit rester au rendez-vous : le désir, le plaisir d’être ensemble, cela s’entretient.

 

Allons donc heureux à sa rencontre, sourions lui, saupoudrons le plaisir dans nos retrouvailles journalières, une belle ambiance est nécessaire pour engager une soirée ensemble. Essayons de laisser nos soucis professionnels en dehors de notre nid, la plupart du temps.

 

L’intérêt et l’admiration pour ce que fait l’autre en dehors de nous a aussi un effet surprenant sur le désir. Entretenir des passions individuelles, un métier qui nous remplit, des amis en dehors du couple, des hobbys … fait aussi partie des nourritures de l’amour, car en les partageant, en les questionnant à deux, nous donnons du sens à nos retrouvailles et notre complicité.

 

C’est donc un équilibre particulier à trouver : prendre soin de soi, de son bonheur personnel et dans un autre temps, celui de sa relation-couple. L’un et l’autre peuvent se nourrir mutuellement, sans être dans l’indigestion, sans être dans l’engloutissement de l’autre.

 

A la table de notre amour, comme il est bon de déguster ces moments de plaisir avec toi. Bon appétit !

Sophie Mercier

 

La Saint Valentin : Une tradition pour se dire l'amour

L'histoire de cette tradition remonterait au temps d'un empereur romain : Claude II. Devant le désengagement militaire des soldats au profit des investissements amoureux,  Claude II décida d'abolir les mariages.  La légende prétend que les amoureux cherchèrent alors une personne pour les marier et Valentin accepta. En guise de cadeau de mariage, les amoureux recevaient une fleur du jardin. L'empereur arrêta alors Valentin et le mit en prison. Le juge demanda à Valentin de guérir les yeux de sa fille aveugle contre sa liberté. Celui –ci s'exécuta et la jeune fille retrouva la vue. L'empereur fit alors exécuter le juge et ses proches et décapita Valentin vers 273.

Le 14 février est le jour supposé de ce martyr mais correspondrait aussi aux festivités païennes du retour du printemps dans la Rome antique. On vénère l'amour le 14 février depuis lors en souvenir de Valentin, Saint Patron des amoureux.

Le couple n'ayant peut être pas souvent le temps de profiter d'eux deux, pourra trouver à cette occasion, le plaisir de se retrouver, de se parler, de faire passer le message de l'amour qui circule entre eux.

Ou pas...

N'oublions pas que tout est langage. Ne pas accorder de l'importance à la fête de l'amour pourrait être un message et causer souffrance dans une relation. Il est donc recommandé de le communiquer pour s'en soucier et se rassurer: « je n'ai pas envie de fêter la Saint valentin, mais ce n'est pas parce que je ne t'aime pas, c'est parce que... », ou « faisons autrement que la saint Valentin »...

Que ce soit le jour « j » ou à tout autre moment, l'important pour ne pas blesser ou dévaloriser la relation, c'est d'avoir conscience l'un et l'autre de la valeur accordée personnellement à l'expression de l'amour, des retrouvailles.  S'en inquiéter est déjà une marque de respect et d'intérêt versés au couple.

Cela nous amène aux différentes façons de nous exprimer mutuellement notre amour. Gary Chapman, est un conseiller conjugal né en 1938 et auteur de nombreux ouvrages et études pour le couple. Il est à l'origine des recherches sur les langages de l'amour et nous propose de les classer en 5 catégories.

L'intérêt et l'importance de se positionner l'un et l'autre dans ces catégories est incontestable : l'amoureux (se) qui connait le langage de l'amour de son (sa) dulciné(e) ne peut que toucher son cœur et être touché(e) à son tour. Cupidon en action.

 Voici ces catégories :

1) Les paroles valorisantes. Dans ce langage, on se sent aimé car on entend les paroles d'encouragement : « ce que tu fais est merveilleux, continue, bravo, j'adore quand... », les compliments « comme tu es beau, belle, fort, ... » et les mots gentils comme les petits messages d'amour, les SMS, les lettres ou mail d'amour...

2) Le langage des attentions, des cadeaux, les surprises : pas la peine d'en faire de gros ou de chers, ce qui compte surtout, c'est avoir l'intention de faire plaisir. Avoir compris ce que l'autre aime et le lui offrir.

3) Le langage des services rendus.  Je t'aime, je te soutiens, je fais à ta place. Je pense à ce qui te soutiendrait, je te permets de te reposer, je m'occupe de tout.

4) Le langage des moments de qualité. Nous parlons bien de qualité. Ceux qui valorisent ce langage sont bien d'accord sur le fait que ce n'est aucunement la quantité ou même la longueur du temps passé ensemble qui prime mais la qualité. Donc, prévoir un petit moment à deux en étant bien concentré sur la relation, est un moment de qualité.  Que ce soit un We ou une soirée, même à la maison, mais dans l'attention à l'autre, dans la communication.

5) Le langage du toucher : C'est certainement celui qui nous semble le plus évident... quoi que...  Se toucher, s'embrasser, faire l'amour, se câliner, se masser, se dorloter, se prendre la main, s'étreindre sont toutes les actions de ce langage.

Que faire alors ?

Il est opportun de discuter de tout cela en couple, car fréquemment, nous exprimons notre amour comme nous aimons le recevoir et donc il peut y avoir des décalages. Certaines personnes s'épuisent et s'essoufflent même à exprimer un langage que l'autre n'est pas en mesure de recevoir, pour plein de raisons propres à sa personne ! Une communication de ces langages nous permet de dire nos préférences ( et non attendre que cela soit deviné ) et comment les classer du plus important au moins important.  Ensuite, essayer le mieux possible d'appliquer cela, juste pour que chacun se sente aimé comme il en a besoin. Dans ces conditions là, nous nous reconnectons à l'autre et l'amour peut circuler et nous remplir aussi, de fierté d'être pour l'autre ce qu'il ou elle attend.

Sophie Mercier

 

La famille recomposée : une construction qui prend du temps et de l’attention particulière pour chacun

Ces dernières années, j’ai eu l’occasion de découvrir beaucoup de familles recomposées, au travers de nombreuses rencontres, lectures, en plus de l’écoute de leurs récits dans mon cabinet de consultation, et aussi dans ma vie en tant qu’ « enfant » depuis 30 ans et en tant que « parent » depuis 12 ans.

De toutes ces observations et expériences, j’ai pu en retirer quelques constantes, qui me semblent intéressantes et utiles à explorer pour se projeter et se préparer à vivre cette aventure hors du commun.

Le docteur Christophe Fauré explore de façon très précise cette situation dans son livre « le défi de la famille recomposée ». J’aime le titre de « défi », car c’est un parcours semé d’embûches mais lorsqu’il se construit depuis un certain temps et grâce aux satisfactions accumulées, il obtient ce titre de « défi réussi » dans le sens « dépassement de difficultés » et « construction de liens ». Dans cet article, il ne sera pas possible de débattre sur tous les aspects de cette famille particulière, je vous propose pour commencer ces quelques réflexions.

Plus que n’importe quelle famille « de premier mariage », cette nouvelle famille devrait envisager différentes attitudes et règles à mettre en place pour le bien être de tous et anticiper les découvertes et surprises. Forts de nos expériences du passé, nous pouvons nous y reposer en sachant ce que nous aimons et nous n’aimons pas vivre. Voilà déjà une première base à la discussion.

Chaque personne de cette famille extraordinaire va être confrontée à cette réflexion concernant le territoire et la place de chacun et développera créativité, force et bienveillance. Inutile de vous rappeler que l’exemple est initié par les adultes et qu’au plus vous ferez preuve d’ouverture, de flexibilité et de respect, au plus vos enfants auront la liberté et l’envie de vous suivre, sans pour autant leur laisser tout pouvoir !

Recomposée, sous entend, composée avec plusieurs morceaux qui viennent d’ailleurs, composé avec ce qui a été dispersé, détruit.  C’est le cas : les tiens, les miens, et nous deux… tous à des rythmes, des règles, des constructions et des attentes différentes. Un puzzle particulier. Comment garder notre couple amoureux dans toutes ces tempêtes et bousculades qui remplissent notre vie ? Comment mettre en place, ce qui semble alors impossible à faire cohabiter ? En fonction de chaque situation, d’expérience, les attentes et les résultats seront différents.

Le couple amoureux est souvent l’investigateur de ce mouvement de re- création familiale. Ce nouvel amour nous invite à nous installer ensemble (parce que souvent, nous ne voulons plus nous quitter) et comme nous sommes dans cette fameuse lune de miel, nous idéalisons forcément ce moment où nous allons réunir tous ceux que nous aimons dans la même vie.  Et ce sera fabuleux !

Cette idéalisation de notre nouveau futur, est aussi un peu influencée par notre passé, nous aimerions en guérir en réussissant ce que nous avons peut être considéré comme raté. A ce sujet, Jean Van Hemelrijck, propose dans son livre « la malséparation » une réflexion constructive sur cet état de « pas encore guéris de la précédente relation ».

Mais nous n’avons pas toujours le désir, ni la priorité de réfléchir à tout cela pendant cette période d’enchantement du début du couple. Et il arrive d’être déçus par ce que nous découvrons… Ce n’est pas impossible à vivre ! C’est bien notre idéal à remettre en question pour comprendre la réalité de notre situation et il est alors plus facile d’explorer les solutions.

Qu’en est-il des ex, qu’en est- il des enfants, qu’en est-il de mon envie et de mes sentiments envers ces personnes que je n’ai pas choisies dans ma vie et qui vont faire partie de celle-ci, inévitablement?  Comment faire de la place et comment prendre ma place ?

Toutes ces questions sont intéressantes à projeter,  pour ne pas paniquer ni penser que l’on vit un échec et s’éloigner de l’amour. Les réponses vous permettront d’anticiper en partie ces situations inconnues et surprenantes pour ensuite axer votre attention essentiellement sur les bonheurs au présent.

 

Au début, nos enfants n’ont peut être pas envie d’aimer notre amour, surtout si leur maman ou leur papa est encore en colère et triste de la séparation.  Ils n’ont peut être pas non plus envie de réussir une nouvelle histoire, si pour eux la précédente est celle qu’ils voulaient garder.  Ils n’aiment peut être pas être chamboulés chaque semaine, dans des règles différentes, dans des maisons différentes avec des attentes différentes. Il faut leur donner du temps pour comprendre et accepter… et de l’espace pour s’exprimer. Ne pas les culpabiliser de prendre ce temps, de ne pas être d’accord, ne pas les mettre dans nos propres attentes et respecter leur rythme d’adaptation avec beaucoup de positivisme, semble être une bonne réponse à la construction. Car c’est merveilleux d’avoir cette nouvelle opportunité de vie, de construire de nouvelles choses ensemble. C’est bien le message à entendre.

Rien n’est simple pourtant, et l’amour va être chahuté. Il y a donc lieu de créer et de recréer du lien, de faire des deuils, de conscientiser et d’exprimer tout cela.

Le lieu où cette famille recomposée va s’installer et comment elle l’envisage est très important. Un lieu où l’on démarre dans la neutralité serait plus facile, un nouveau lieu pour cette nouvelle vie… (Ce n’est pas un territoire où les fantômes de la précédente vie sont là), Ce serait aussi un lieu où chaque membre aura son intimité, son territoire personnel : une chambre tout seul, un étage parent, … Même si cela n’est pas réalisable dans un premier temps, savoir que c’est un objectif à atteindre peut apaiser les enfants et leur permettre de patienter si leur confort n’est pas optimal. « Je pense aussi à ton bien être, je ne l’oublie pas » est un message d’amour, de respect et d’espoir.

Vivre ensemble n’a plus la même signification que celle de la première famille, Il faudra en créer une nouvelle.

La famille recomposée n’a pas la même intimité que la famille du premier mariage. Les enfants et le couple ont souvent plus le besoin de s’isoler,  de se créer un monde de repli ou de sécurité, de recul.

Autoriser et comprendre ce repli ou ce besoin de solitude et d’isolement permettra plus de calme et moins de conflits. Au moment de l’adolescence des enfants, c’est encore plus opportun.

Le nouveau couple pourra aussi, dans cette organisation, vivre leur nouvelle et intense relation, leur sexualité, en toute intimité car ce n’est pas forcément ce que vos enfants ont connu dans vos précédentes unions, cela peut les heurter, les déranger.

En fonction de l’âge des enfants, la notion de territoire et d’intimité sera différente mais nécessite néanmoins une réflexion au sein du couple avec une possibilité d’évolution au fil du temps.

Le territoire de chacun est encore différent de la place de chacun dans ces relations familiales. Le statut, la place de beau-parent induit un rôle inconnu, que nous avons parfois tendance à assimiler à « parent », mais qui est tout autre.

Cette place n’est pas toujours facile à adopter et fait émerger de nombreuses émotions, pas toutes agréables. De ce côté « beau parent », on souligne les plus difficiles :des peines d ‘exclusion, de solitude, de stress, de culpabilité, de jalousie, de rejet, de colère… Un rôle qui demande acceptation et don, sans être forcément au début, quelqu’un d’aimé.

C’est pourquoi envisager des espaces, du temps et des territoires distincts entre le couple amoureux et la recomposition est nécessaire. Cette recomposition se construira dans le temps, au fur et à mesure du développement de cette histoire et de sa collection de bons moments.  Il n’y a pas de modèle, comme pour les familles traditionnelles, chaque histoire s’écrit, de jours en jours, avec beaucoup de bienveillance et de lâcher prise sur ce qui est hors de notre contrôle. Mieux vaut se focaliser sur les forces plutôt que sur les failles.

Le couple amoureux se nourrira le plus possible de moments à deux, pour rester debout et faire le plein d’amour pour résister aux tempêtes et aux négociations familiales. Les amoureux doivent faire « bloc » ensemble, être d’accord sur les règles de la maisonnée, le respect à instaurer les uns envers les autres, pour créer la stabilité que cherchent à construire les enfants. Les parents se trouvent parfois entre « le marteau et l’enclume » à vouloir défendre les intérêts de chacun… Les enfants ont perdu de la place, ils ont besoin d’en retrouver, pendant que le beau-parent (et parfois aussi les autres enfants)doivent créer la leur. Pas facile alors de se retrouver avec de nouvelles personnes,  partager non seulement l’espace mais aussi l’amour du parent qu’on aime. C’est pourquoi les moments avec leur parent tout seul, restent au début une attente très présente. Le beau –parent, dans ce cas, essayera de ne pas toujours faire partie de cette relation là. On compose cette vie avec différents moments : celui à deux (en amoureux), à autant (tous) ou à 3-4(chaque parent avec ses enfants du premier mariage pour recréer la cellule de départ).

Lorsque les enfants ont créé une nouvelle stabilité avec leur parent, ils ouvrent plus facilement leur cœur à une autre personne.  SI l’autre parent biologique (extérieur à tout cela) est en paix, c’est encore mieux… d’où le grand intérêt de nourrir un lien respectable entre les 4 ou parfois 6 personnes qui encadrent nos enfants .Les beaux parents peuvent être d’une grande aide dans la construction du lien de respect et d’accueil dans cette nouvelle dynamique familiale. Du côté des parents biologiques, Il existe des outils pour les aider à construire la responsabilité conjointe.  Je pense à la chartre de co-parentalité ou aux applications comme « 2houses.com », par exemple. Des outils qui induisent des attitudes de respect face aux enfants, ou des organisations possibles sans se rencontrer, lorsque la situation est trop conflictuelle pour les adultes.

Accueillir l’autre sans l’avoir choisi n’est pas facile. Construire un lien peut prendre du temps, en fonction des deuils et du bien être à acquérir.

Vous l’aurez compris, la réussite de cette famille passe par la construction du respect de chaque personne, de son espace, de son parcours, de sa vie et cela demande, comme dans chaque relation : intérêt, temps et consensus.

Je vous souhaite de ne jamais baisser les bras avant de réussir ces défis relationnels, qui nous emplissent de fierté et d’amour.

Sophie Mercier 

 

 

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